Le deuxième tour du simple à l’Omnium Banque Nationale 2026 a fait basculer le tournoi dans une phase décisive, avec des tableaux désormais plus ouverts à Montréal et plus prévisibles à Toronto. En quelques journées, les éliminations inattendues, les retraits et les belles poussées de jeunes joueurs ont complètement redéfini les rapports de force.
Au Canada, l’attention se partage entre l’incertitude du tableau masculin et la présence de plusieurs grandes noms chez les femmes. Pour les partisans d’ici, l’enjeu est double : voir jusqu’où peuvent aller les favoris encore debout, et espérer un dernier élan de Leylah Fernandez dans un contexte où les autres Canadiennes et Canadiens ont déjà quitté la scène.
Ce qu’il faut retenir avant les huitièmes
Les huitièmes de finale auront lieu sur deux jours, soit le 8 et le 9 août 2026, à Montréal et à Toronto. Les séances de jour débuteront à 12 h 30 dans les deux villes; le soir, Montréal passera à 18 h, alors que Toronto amorcera ses séances nocturnes à 19 h.
- À Montréal, le Stade IGA accueillera les matchs du tableau masculin.
- À Toronto, les meilleures joueuses du circuit poursuivront leur route vers les quarts.
- Les programmations précises sont généralement confirmées la veille, car la durée des rencontres précédentes peut tout modifier.
- Les gagnants de ce week-end entreront dans le dernier carré de huit joueurs et huit joueuses encore en lice.
Cette étape du tournoi compte d’autant plus que plusieurs têtes d’affiche ont déjà disparu, ce qui change complètement la lecture des tableaux.
Montréal : un tableau masculin renversé
Le volet masculin a perdu sa hiérarchie beaucoup plus vite que prévu. Alexander Zverev, Daniil Medvedev, Taylor Fritz et Andrey Rublev ont tous été écartés dès leur entrée en scène, pendant que Félix Auger-Aliassime a dû se retirer à cause d’un mal de dos. Six des dix premières têtes de série étaient déjà éliminées avant même la fin du deuxième tour.
Ce genre de séquence transforme un tournoi en terrain de chasse pour les joueurs qui arrivent avec confiance et sans excès de pression. À Montréal, plusieurs athlètes ont soudainement senti qu’une percée majeure devenait possible.
Ben Shelton demeure l’un des noms les plus lourds dans ce décor chamboulé. Le champion en titre a bien lancé sa défense de couronne en battant Jenson Brooksby 6-3 et 7-5. Son service lourd et sa tendance à imposer un rythme élevé collent bien aux conditions rapides du Stade IGA.
Casper Ruud offre un profil différent, mais tout aussi dangereux. Le Norvégien a pris la mesure de Juan Manuel Cerúndolo 6-1 et 6-2 à son premier match. Même s’il est davantage associé à la terre battue, il a maintenant assez d’expérience sur surface dure pour profiter de l’ouverture du tableau.
Les occasions que saisissent les joueurs en ascension
Quand plusieurs favoris s’effondrent, les joueurs moins attendus n’ont pas seulement une chance de survivre : ils peuvent aussi changer complètement la suite du tournoi. Cette logique s’est imposée très tôt dans l’édition montréalaise.
- João Fonseca a signé un résultat marquant en sortant Stefanos Tsitsipas après une bataille soutenue.
- Arthur Fils a montré sa solidité en disposant de Zachary Svajda en trois manches.
- Tallon Griekspoor a créé un choc en renversant Zverev après avoir perdu le premier set.
- Une victoire de ce calibre donne souvent l’élan mental nécessaire pour franchir les tours suivants.
Fonseca attire déjà l’attention par sa puissance brute et son aplomb dans les grands rendez-vous. Fils, de son côté, possède le profil athlétique et la couverture de terrain qui peuvent très bien fonctionner sur la surface montréalaise. Quant à Griekspoor, son sang-froid après un départ manqué contre la première tête de série lui donne soudainement le statut de joueur à surveiller de près.
Dans un environnement pareil, la confiance devient presque aussi importante que la qualité technique. Les joueurs qui osent accélérer au bon moment peuvent rapidement profiter du vide laissé par les têtes d’affiche disparues.
Toronto : les grandes favorites tiennent leur rang
Le tableau féminin a connu moins de secousses que celui des hommes. Aryna Sabalenka, Elena Rybakina, Jessica Pegula, Coco Gauff et Mirra Andreeva ont toutes franchi leur premier obstacle et poursuivent leur route vers les rondes finales.
Sabalenka reste la référence absolue du moment. La numéro un mondiale a lancé son tournoi par une victoire nette de 6-3 et 6-3 contre Moyuka Uchijima, ce qui a prolongé à 13 sa série de victoires consécutives sur surface dure. À Toronto, son service et sa puissance de fond de court constituent un mélange particulièrement redoutable.
Rybakina a dû travailler davantage. La deuxième tête de série a battu Daria Kasatkina 6-3, 5-7 et 6-4 après 2 h 33 de jeu, avec 58 coups gagnants mais aussi 58 fautes directes. Ce contraste résume bien son style : lorsqu’elle touche ses cibles, elle peut dominer n’importe qui; lorsqu’elle force un peu trop, elle laisse une porte ouverte.
Gauff et Pegula demeurent également dans le portrait des candidates sérieuses. Gauff a battu Kayla Day 6-2 et 7-5, sans toujours contrôler les échanges, mais en trouvant les bons réflexes dans les échanges serrés. Pegula a, pour sa part, renversé Magdalena Frech après un départ lent et a fini par s’imposer 3-6, 6-3 et 6-1.
Mirra Andreeva et Leylah Fernandez, deux dossiers à suivre
Parmi les performances les plus convaincantes, celle de Mirra Andreeva ressort clairement. La jeune championne de Roland-Garros a balayé Karolina Pliskova 6-0 et 6-2 en seulement 54 minutes. Elle donne l’impression de jouer avec plusieurs années d’avance sur son âge grâce à sa lecture du jeu, son sens du placement et sa capacité à varier le tempo.
Andreeva n’a que 19 ans, mais elle a déjà cette maturité rare qui permet de neutraliser l’agressivité adverse sans forcer la note. Son adaptation rapide à la surface dure envoie un message clair : elle ne veut pas être vue uniquement comme une spécialiste de la terre battue.
Du côté canadien, Leylah Fernandez porte maintenant les dernières attentes locales. Après avoir battu Renata Zarazúa 6-2 et 6-2 devant le public du court central, elle est devenue la dernière représentante du pays encore active en simple. Elle n’a concédé son service qu’une fois et a réussi cinq bris, signe d’une prestation très propre.
Son prochain défi est de taille, puisque Elise Mertens représente une adversaire expérimentée et patiente, capable d’allonger les échanges et de tester la solidité mentale de Fernandez. Pour espérer poursuivre, la Québécoise devra rester agressive, avancer dans la balle et éviter de laisser l’échange s’installer trop longtemps du côté belge.
Pour les amateurs canadiens, l’enjeu n’est pas seulement sportif. Fernandez incarne aussi la possibilité de prolonger un intérêt national dans un tournoi où les autres espoirs du pays ont été ralentis par les blessures ou stoppés plus tôt que prévu.
Où suivre la suite du tournoi
Au Canada, les matchs de l’Omnium Banque Nationale sont présentés par Sportsnet et TVA Sports. Les deux réseaux diffusent des rencontres de Montréal et de Toronto, et leurs plateformes numériques permettent aussi d’accéder à une partie de la couverture.
Comme l’ordre des matchs dépend de la durée des duels précédents et parfois de la météo, il vaut mieux vérifier la programmation officielle avant chaque séance. Ce réflexe devient particulièrement utile lors des journées à forte densité, où un simple retard peut tout repousser.
Le week-end à venir devrait aider à départager les véritables candidates au titre et les joueurs capables de profiter d’un tableau ouvert. À Montréal, Shelton, Ruud, Fonseca, Fils et Griekspoor ont tous une fenêtre d’opportunité bien réelle. À Toronto, Sabalenka, Rybakina, Pegula, Gauff et Andreeva avancent avec des ambitions de championnat plus que de simple qualification.
Si Fernandez poursuit sa route, l’intérêt local restera bien vivant jusqu’aux quarts. Sinon, ce seront surtout les surprises du tableau masculin et la stabilité du tableau féminin qui définiront le ton de cette édition.

