Le soccer international traverse une crise de pouvoir qui tourne autour d’une seule chose : le contrôle de l’argent. Au centre du bras de fer, Gianni Infantino propose d’ouvrir la porte à des investisseurs privés, et l’Europe répond par un refus net.
Ce que la FIFA veut changer
Mardi, le président de la FIFA a présenté l’idée de vendre des parts minoritaires de la Coupe du monde et d’autres événements de l’organisation à un fonds privé lié à Thrive Eternal, dirigé par Joshua Kushner. Infantino a donné aux 211 associations membres jusqu’au 19 septembre pour appuyer le projet.
Ce plan vise à attirer du capital extérieur sans céder le contrôle complet, mais il a immédiatement été perçu comme une rupture majeure avec la façon traditionnelle de gérer les compétitions mondiales.
La riposte des grandes confédérations
La réaction a été rapide et sévère dans plusieurs régions du monde.
- L’UEFA a voté à l’unanimité pour boycotter la FIFA, y compris la Coupe du monde, si le projet n’est pas retiré.
- La CONCACAF a rejeté la proposition en dénonçant un processus trop opaque et une échéance trop courte.
- L’AFC a exprimé les mêmes préoccupations et a demandé une réforme complète de la gouvernance de la FIFA.
- Le Mexique n’a pas encore tranché et dit avoir besoin de plus de temps pour analyser le dossier.
L’UEFA a surtout insisté sur deux points : la proposition aurait été préparée en secret et la Coupe du monde ne devrait pas devenir un actif à monnayer.
Pourquoi le dossier inquiète autant
Le conflit dépasse largement une simple dispute administrative. L’UEFA représente plusieurs des marchés les plus riches du soccer mondial, dont la Premier League, la Liga et la Serie A. Quand l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord parlent d’une seule voix, la FIFA se retrouve devant une opposition très lourde.
La déclaration de la CONCACAF ajoute de la pression, même sans menace formelle de boycott. Dans ce contexte, Infantino doit composer avec des fédérations qui ne contestent pas seulement le fond du projet, mais aussi la méthode employée.
Un climat de plus en plus tendu
La FIFA a répliqué en disant que des reportages médiatiques inexacts avaient brouillé le processus de consultation. L’organisation affirme vouloir poursuivre son plan malgré la tempête.
Mais vendredi, la situation s’est compliquée davantage avec la démission de Carlos Cordeiro, l’un des principaux conseillers d’Infantino. Son départ donne l’image d’une fracture qui dépasse désormais les critiques publiques.
Voici les prochains points de rupture à surveiller :
- la date limite du 19 septembre pour rallier les membres;
- la Coupe du monde féminine U-20 en Pologne, qui servira de premier test;
- la course à la présidence de la FIFA, où Infantino vise un autre mandat jusqu’en 2031.
Ce que la suite pourrait changer
Avant cette crise, Infantino semblait en bonne position pour être réélu sans opposition en mars à Rabat. Après cette semaine de tensions, cette perspective paraît beaucoup moins solide.
Si l’UEFA maintient sa ligne dure et que d’autres confédérations s’alignent, la FIFA devra soit reculer, soit accepter un affrontement politique qui pourrait marquer durablement la gouvernance du soccer mondial.

