Didier Deschamps a rendu publique sa sélection de 26 joueurs pour la Coupe du Monde 2026, et la liste a tout de suite fait réagir. Deux absences retiennent particulièrement l’attention : Eduardo Camavinga, au milieu de terrain du Real Madrid, et Lucas Chevalier, gardien du Paris Saint-Germain, ne feront pas partie du voyage.
La France, finaliste en 2022, arrive encore avec un statut de prétendante sérieuse. Le tournoi se déroulera au Canada, au Mexique et aux États-Unis du 11 juin au 19 juillet 2026, dans un contexte où les attentes seront énormes autour des Bleus.
Des choix forts, assumés par le sélectionneur
La décision de laisser Camavinga de côté n’a rien d’anodin. Le milieu madrilène a connu une saison compliquée, marquée par un temps de jeu irrégulier et plusieurs pépins physiques. Pour Deschamps, il fallait composer une équipe équilibrée, capable de tenir la cadence sur toute la durée de la compétition.
Le sélectionneur a expliqué que le contexte de l’année pesait lourd dans la balance. Camavinga reste un joueur important à long terme, mais cette fois, le manque de rythme a fini par coûter sa place.
« Il a vécu une saison difficile, il a moins joué. Il a aussi eu des blessures », a résumé Deschamps au moment d’annoncer sa liste.
Le message est clair : le passé ne suffit pas à garantir une convocation. Aux yeux du staff, la forme du moment a pris le dessus sur le pedigree.
Chevalier écarté, Risser récompensé
Le cas de Lucas Chevalier est tout aussi parlant. Le gardien a perdu son rôle de numéro un au PSG au profit de Matvei Safonov et n’a pratiquement pas eu de minutes depuis la fin janvier. Dans un poste où les automatismes et la compétition interne comptent énormément, cette période sans action a pesé lourd.
Deschamps a insisté sur le critère sportif, sans détour. Selon lui, les occasions de jouer existent, mais encore faut-il les saisir. Chevalier n’a pas réussi à renverser la tendance à temps pour convaincre.
À l’inverse, Robin Risser profite d’une ascension rapide pour s’installer dans le groupe. Sa saison remarquée avec Lens lui vaut sa toute première convocation avec l’équipe nationale.
- Mike Maignan demeure le premier choix dans les buts.
- Brice Samba conserve sa place comme solution d’expérience.
- Robin Risser complète la hiérarchie et apporte une option prometteuse.
Le jeune portier lensois a été nommé meilleur gardien de Ligue 1 plus tôt cette semaine, un honneur qui reflète sa régularité et son influence dans le parcours de son club, auteur de la deuxième meilleure défensive du championnat.
Une force offensive impressionnante
Sur le plan offensif, la France affiche encore une profondeur qui fait peur. Kylian Mbappé mène évidemment le groupe, mais il n’est pas seul à pouvoir faire basculer un match. Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Michael Olise, Rayan Cherki et Maghnes Akliouche offrent au sélectionneur plusieurs profils capables de créer du danger de différentes façons.
Deschamps a reconnu l’ambition qui anime son vestiaire, tout en rappelant qu’un tournoi mondial ne se gagne pas à coups de déclarations. Il faut de la maîtrise, de la patience et une vraie solidité collective.
« J’ai de l’ambition, pis je veux que les joueurs en aient eux autres aussi », a-t-il dit. « Mais faut pas qu’on perde notre humilité. »
La concurrence reste rude, bien sûr, mais les Bleus ont suffisamment d’arguments pour se placer dans le peloton de tête.
Mateta prend l’avantage sur Kolo Muani
Le choix de Jean-Philippe Mateta devant Randal Kolo Muani ajoute une autre couche de surprise. L’attaquant de Crystal Palace obtient la faveur du sélectionneur au moment où son rendement en club a convaincu le staff français.
Kolo Muani garde pourtant un lien fort avec les derniers grands rendez-vous des Bleus. Il avait marqué contre le Maroc en demi-finale en 2022 et avait été tout près de devenir le héros de la finale avant la défaite aux tirs au but contre l’Argentine. Cette fois, l’histoire prend une autre direction.
Florian Thauvin, l’ailier lensois et l’un des finalistes pour le titre de joueur de la saison en Ligue 1, reste aussi à quai malgré son excellente campagne.
Le dernier chapitre de Deschamps
Cette Coupe du Monde aura une portée spéciale pour Didier Deschamps, puisqu’il s’agira de son dernier tournoi à la tête de la sélection. Il a confirmé plus tôt cette année qu’il quitterait son poste après l’événement, mettant fin à une longue période commencée en 2012.
Son passage aura été marqué par des sommets majeurs : le titre mondial en 2018, puis la finale de 2022. Peu de sélectionneurs peuvent se vanter d’un tel bilan sur une aussi longue période.
Le nom qui revient avec le plus d’insistance pour prendre la relève est celui de Zinedine Zidane. L’ancien entraîneur du Real Madrid n’a toutefois pas dirigé depuis la fin de son deuxième mandat à Madrid, où il avait empilé trois Ligues des Champions et deux championnats d’Espagne.
En attendant la transition, Deschamps doit encore guider un groupe ambitieux dans une poule relevée. La France affrontera le Sénégal, l’Irak et la Norvège dans le Groupe I.
La liste complète des 26 Français
Gardiens : Mike Maignan, Brice Samba, Robin Risser
Défenseurs : Lucas Digne, Malo Gusto, Lucas Hernández, Theo Hernández, Ibrahima Konaté, Jules Koundé, Maxence Lacroix, William Saliba, Dayot Upamecano
Milieux : N’Golo Kanté, Manu Koné, Adrien Rabiot, Aurélien Tchouaméni, Warren Zaïre-Emery
Attaquants : Maghnes Akliouche, Bradley Barcola, Rayan Cherki, Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Jean-Philippe Mateta, Kylian Mbappé, Michael Olise, Marcus Thuram

